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Obligations des intermittents du spectacle envers France Travail

Chaque intermittent du spectacle inscrit auprès de France Travail fait face à des obligations précises : déclarations mensuelles, justificatifs à conserver, recherche active d’emploi. Les règles de l’assurance chômage applicables aux annexes 8 et 10 évoluent régulièrement, et les erreurs peuvent avoir des conséquences importantes, notamment en cas de contrôle ou de notification d’un trop-perçu.


Droits et devoirs des intermittents envers France Travail


Être allocataire en tant qu’intermittent du spectacle implique de respecter plusieurs obligations auprès de France Travail : recherche effective d’emploi, actualisation mensuelle, réponse aux convocations et déclaration exacte de sa situation professionnelle. Les obligations applicables aux demandeurs d’emploi s’appliquent également aux intermittents du spectacle dans le cadre des annexes 8 et 10 du règlement d’assurance chômage.



Conditions d'ouverture des droits au régime intermittent


Pour ouvrir des droits au titre des annexes 8 ou 10, il faut justifier d’au moins 507 heures de travail sur une période de référence de 12 mois précédant la fin du dernier contrat de travail retenu pour l’examen des droits. Les modalités exactes de calcul dépendent de la nature des emplois exercés et des règles applicables à la date de la demande d’allocation.


  • Cachet forfaitaire : chaque cachet d'artiste compte comme 12 heures de travail pour le calcul du seuil des 507 heures.

  • Travail à l'étranger : comptabilisé à raison de 6 heures par jour de contrat, sous réserve de produire le formulaire U1 obligatoire auprès de France Travail.


Une démission ou une perte volontaire d’emploi peut avoir des conséquences sur l’ouverture ou le renouvellement des droits, mais n’entraîne pas automatiquement un blocage définitif de l’indemnisation. La situation doit être analysée au regard des règles de l’assurance chômage et du parcours professionnel de l’intéressé.


Le droit d'option du régime général vers france travail intermittent


Le droit d’option permet, dans certaines situations, à un allocataire disposant déjà de droits ouverts au régime général de demander l’examen de droits plus favorables au titre des annexes 8 ou 10. Ce mécanisme est strictement encadré par les règles d’assurance chômage.


France Travail notifie alors à l’allocataire les conséquences de l’exercice du droit d’option, notamment le caractère irrévocable de cette décision et la perte du reliquat des droits précédemment ouverts. Le demandeur dispose d’un délai pour accepter ou refuser l’option proposée.


L’exercice du droit d’option nécessite donc une analyse préalable attentive, notamment sur le montant journalier d’indemnisation, la durée prévisible des droits et le reliquat éventuellement abandonné.


Situations pouvant bloquer l'accès ou le renouvellement des droits


Certaines situations peuvent compliquer l’ouverture ou le renouvellement des droits à l’assurance chômage des intermittents du spectacle.


  • Démission : lune perte volontaire d’emploi peut empêcher une ouverture immédiate des droits dans certaines hypothèses prévues par le règlement d’assurance chômage.

  • Congé sans solde ou disponibilité : une période de congé sans solde ou de disponibilité peut bloquer le renouvellement de vos droits voire annuler purement et simplement vos droits en cours.

  • Mandat social ou activité indépendante : toute activité exercée doit être déclarée à France Travail. L’absence de déclaration d’une activité ou d’un changement de situation peut entraîner un réexamen des droits, un trop-perçu voire, dans certains cas, une procédure de fraude.


La non-déclaration d'un changement de situation ou d'un mandat social constitue une infraction grave. France Travail, découvrant une activité cachée en portage salarial par exemple, peut réclamer le remboursement intégral des allocations versées et engager des poursuites pour fraude, ce qui augmente le délai de prescription à dix ans au lieu de trois.


Déclaration mensuelle et formation auprès de france travail


L'actualisation mensuelle auprès de France Travail est l'obligation centrale du régime des intermittents du spectacle : chaque mois, entre le 28 et le 15 du mois suivant, il faut déclarer en ligne le nombre d'heures ou de cachets travaillés, les salaires bruts, et le cas échéant, le chiffre d'affaires d'auto-entreprise, les revenus relevant du régime général.



Comment réaliser correctement sa déclaration allocations chômage spectacle


La déclaration allocations chômage spectacle exige une rigueur absolue. Chaque mois, vous renseignez le nombre d'heures travaillées et/ou de cachets, les salaires bruts perçus, le chiffre d'affaires brut de toute auto-entreprise, et les absences justifiées. Une erreur ou une omission entraîne la suspension immédiate des versements, la radiation de France Travail et la perte définitive des droits pour le mois concerné.


  • Heures et cachets : les heures travaillées doivent être déclarées conformément aux attestations employeur.

  • Salaires bruts : indiquez le montant total perçu pour chaque emploi, y compris les emplois relevant du régime général.

  • Auto-entreprise : le chiffre d'affaires déclaré à l'URSSAF; les droits d'auteur, bourses et royalties sont en revanche explicitement exclus de la déclaration.

  • Absences justifiées : maladie, maternité ou accident du travail peuvent, dans certaines conditions, être assimilés à des périodes prises en compte par l’assurance chômage.


L'actualisation se fait via votre espace personnel France Travail, accessible entre le 28 du mois en cours et le 15 du mois suivant. Au-delà du 15, la déclaration n'est plus acceptée, l'allocataire est radié et les allocations sont suspendues. Les versements non effectués ne sont jamais rattrapés, le mois perdu est définitivement perdu.


Élément à déclarer

Format

Justificatif à conserver

Inclus/Exclu du calcul

Heures travaillées

Nombre exact ou cachets (1 cachet = 12 h)

Contrats, AEM, bulletins de salaire

Inclus

Salaires bruts

Montant total brut perçu par contrat

Bulletins de salaire, relevés bancaires

Inclus

Auto-entreprise

Chiffre d'affaires

Déclarations URSSAF

Inclus

Droits d'auteur / Bourses

Ne pas déclarer

Bulletins de versement (archivage)

Exclu

Maladie / maternité

5 heures par jour justifié en fonction de la situation

Attestation CPAM

Inclus

Travail à l'étranger

6 heures par jour de contrat

Formulaire U1

Inclus


Comment rectifier une erreur sur France Travail


Il est généralement nécessaire de contacter France Travail afin de demander une régularisation administrative.


Il est fortement conseillé de conserver l’ensemble des justificatifs utiles : AEM, bulletins de salaire, contrats, etc.


Déclaration préalable de formation et obligations associées


Toute formation suivie doit être déclarée à l'avance auprès de votre conseiller ou de l'agence France Travail de rattachement, y compris les formations de moins de 40 heures.


Lors de l’actualisation mensuelle, il convient de mentionner les périodes de formation suivies et de conserver les attestations remises par l’organisme de formation.


Contrôle france travail, trop-perçu et recours des intermittents


France Travail peut procéder à des contrôles portant sur la recherche d’emploi, l’exactitude des déclarations effectuées ou la situation professionnelle de l’allocataire. Ces contrôles peuvent être réalisés de manière aléatoire ou à la suite d’un signalement ou d’une incohérence détectée dans le dossier.


Justificatifs de recherche d’emploi en cas de contrôle


En cas de contrôle, France Travail peut demander à l’allocataire de justifier de ses démarches de recherche d’emploi. Plusieurs types de documents peuvent être utiles : candidatures, échanges avec des employeurs, convocations à des auditions ou castings, attestations de formation ou encore démarches de prospection professionnelle.


  • Candidatures : conserver les courriels, CV transmis et réponses obtenues permet de démontrer la réalité des recherches.

  • Réponses reçues : les échanges avec des employeurs ou recruteurs peuvent être produits en cas de contrôle.

  • Formations suivies : attestations de présence, certificats ou conventions de formation peuvent être demandés.


Il est recommandé de conserver les documents relatifs à son activité professionnelle et à ses déclarations pendant plusieurs années afin de pouvoir répondre à toute demande de vérification.


Trop-perçu, remboursement et recours gracieux


Lorsqu’un trop-perçu est constaté, France Travail adresse une notification précisant le montant réclamé, les périodes concernées et les voies de recours possibles.


L’allocataire peut contester la décision ou solliciter un recours gracieux, notamment en cas d’erreur de calcul, de bonne foi ou de difficultés financières. Selon les situations, un échelonnement du remboursement ou une remise partielle peut être sollicité.


En matière de prescription, les règles applicables varient selon qu’il existe ou non une fraude caractérisée.


La clause de rattrapage comme filet de sécurité


La clause de rattrapage permet, dans certaines conditions, à un intermittent n’ayant pas atteint le seuil requis de 507 heures de bénéficier temporairement d’un maintien de droits.


Le dispositif est soumis à plusieurs conditions tenant notamment à l’ancienneté dans le régime et au volume d’heures réalisé. Lorsqu’elle est accordée, cette mesure permet une continuité temporaire d’indemnisation pendant une période limitée.


Foire aux questions


Comment déclarer sa situation auprès de France Travail chaque mois ?

La fenêtre de déclaration auprès de France Travail s'ouvre le 28 du mois en cours et se ferme le 15 du mois suivant. L’actualisation mensuelle s’effectue depuis l’espace personnel France Travail. Il convient de déclarer les heures ou cachets réalisés, les rémunérations perçues et toute activité ou situation particulière susceptible d’avoir une incidence sur les droits.

Il est conseillé de préparer ses justificatifs avant l’actualisation : AEM, bulletins de salaire, contrats et documents relatifs aux éventuelles activités complémentaires.

Quels justificatifs dois-je conserver pour me protéger en cas de contrôle ?

Conservez pendant au moins 3 ans l'ensemble des documents suivants : contrats de travail, bulletins de salaire, attestations employeur mensuelles (AEM), GUSO, formulaires U1, attestations CPAM, relevés bancaires, justificatifs de recherche d'emploi et d'exécution des prestations et toute correspondance avec des employeurs.

Peut-on vraiment passer du régime général au régime intermittent sans perdre ses droits ?

Le droit d’option permet, dans certaines situations, de demander l’ouverture de droits au titre des annexes 8 et 10 alors qu’un reliquat de droits existe au régime général. Toutefois, l’exercice de cette option entraîne généralement l’abandon du reliquat précédent.

Avant toute décision, il est donc essentiel d’évaluer précisément les conséquences financières et juridiques de cette bascule.


 
 

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