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Devenir intermittent du spectacle : le nombre d'heures requis

Dernière mise à jour : il y a 3 jours

En tant qu'artiste ou technicien du spectacle vivant, vous vous demandez peut-être combien d'heures de travail sont nécessaires pour obtenir le statut d'intermittent ? Nous allons vous expliquer en détail le seuil obligatoire de 507 heures de travail ou d'heures assimilées, comment ces heures sont calculées selon les annexes 8 ou 10, et les démarches à entreprendre auprès de France Travail pour bénéficier de votre indemnisation.


Vous apprendrez aussi les particularités du régime spécifique : la clause de rattrapage, les franchises selon chaque annexe, les risques liés aux déclarations incorrectes, et les étapes clés pour assurer votre réadmission ou votre renouvellement. Ainsi, vous saurez comment faire valoir vos droits tout en préservant votre statut d'intermittent et votre régime d'assurance chômage.


Pourquoi 507 heures pour le statut d'intermittent


Le régime d'assurance chômage des intermittents impose une condition d'affiliation stricte : cumuler 507 heures de travail ou d'heures assimilées durant les 12 mois précédant la fin de votre dernier contrat. Ce seuil, fondamental dans ce régime, s'applique aussi bien aux artistes qu'aux techniciens du spectacle vivant relevant des annexes VIII et X.



Le seuil de 507 heures : condition d'affiliation au régime


Atteindre les 507 heures requises est une condition indispensable pour accéder au régime spécifique et pour toute réadmission future. En dessous de ce minimum, aucune indemnisation ne sera versée, même si vous avez enchaîné de nombreux cachets ou journées de travail.


  • Période de référence glissante : les 507 heures doivent être réalisées dans les 12 mois précédant la fin du dernier contrat ouvrant droit à l'admission ou au renouvellement.

  • Exclusion des heures déjà utilisées : les heures employées lors d'une précédente admission ne peuvent être reprises, sauf application de la clause de rattrapage.

  • Type d'heures prises en compte : seules les heures effectuées dans le cadre du spectacle vivant ou de l'audiovisuel sont validées, conformément au code indiqué sur chaque AEM.

  • Conséquences du non-respect du seuil : sans atteindre 507 heures, vous ne pourrez bénéficier ni de l'ARE intermittent ni d'un quelconque dispositif dérogatoire.


Ce contrôle permet de réserver le régime aux professionnels ayant une activité régulière. À chaque demande d'allocation, France Travail vérifie vos attestations employeur mensuelles pour valider le nombre d'heures, les heures assimilées et l'annexe concernée.


Calcul différencié selon l'annexe VIII ou X


L'annexe applicable modifie considérablement la méthode de calcul et, par conséquent, l'affiliation au régime. Bien comprendre cette distinction vous évitera des surprises désagréables lors de l'examen de votre dossier par France Travail.


  • Système du forfait cachet pour les artistes (annexe X) : chaque cachet équivaut à 12 heures. Ainsi, 43 cachets totalisent 516 heures, dépassant ainsi le seuil requis.

  • Comptage des heures réelles pour les techniciens (annexe VIII) : les techniciens du spectacle vivant déclarent leurs heures effectives. Par exemple, 64 jours à 8 heures donnent 512 heures.

  • Attention aux erreurs de code métier : une mauvaise mention de l'annexe sur l'AEM, un métier ne correspondant pas au code APE/NAF ou IDCC peut entraîner le rejet de vos heures et compromettre votre admission au régime.


Ces deux méthodes reflètent les différences entre ces professions : l'artiste enchaîne généralement des cachets ponctuels, tandis que le technicien accumule des journées complètes. Vérifiez scrupuleusement vos AEM pour ne pas perdre d'heures essentielles.


Période de référence et prolongation possible


Si vous n'atteignez pas le seuil dans les 12 mois, il est possible d'étendre la période de référence jusqu'à 15 ou 18 mois en arrière pour retrouver les heures manquantes. Ce mécanisme, instauré par le décret du 29 juillet 2020, sert également à calculer l'allocation journalière et les franchises liées à votre régime.


Exemple : avec 420 heures sur l'année écoulée, France Travail remonte dans le temps jusqu'à trouver les 87 heures manquantes. Ce système protège vos droits à l'indemnisation tout en respectant la règle d'exclusion des heures déjà utilisées.


Démarches et déclaration auprès de France Travail


Pour bénéficier du statut d'intermittent du spectacle, vous devez impérativement avoir travaillé au minimum 507 heures sur les 12 derniers mois. L'inscription auprès de France Travail est une étape cruciale : préparez soigneusement votre dossier avec tous les justificatifs nécessaires (AEM, GUSO, contrats, bulletins de salaire, ect.) et respectez les délais de déclaration sous peine de perdre vos droits.



Inscription immédiate après cumul des heures nécessaires


Dès que vous atteignez le seuil des 507 heures, connectez-vous sans tarder à votre espace France Travail pour demander votre indemnisation. Votre conseiller vérifiera alors :


  • Vos attestations employeur (AEM) - Chaque document doit mentionner le bon code métier (annexe VIII ou X) pour que vos heures soient comptabilisées

  • Les GUSO - Ils confirment votre activité dans le spectacle


Le traitement prend généralement 2-3 semaines. Surveillez votre espace personnel pour répondre rapidement aux demandes complémentaires.


Déclaration mensuelle obligatoire et justificatifs


Chaque mois avant le 15 inclus, complétez votre déclaration mensuelle (DSM) en indiquant :


  • Toutes vos heures de travail effectuées

  • L'ensemble de vos employeurs

  • Vos éventuelles heures d'enseignement si vous donnez des cours


Attention : une déclaration incomplète ou en retard peut entraîner une perte de droits. Conservez tous vos documents pendant 3 ans au cas où France Travail effectuerait un contrôle.


Heures d'enseignement et assimilation dans le calcul


Si vous enseignez dans des établissements agréés (conservatoires, écoles d'art), vos heures d'enseignement peuvent être comptabilisées dans le calcul des 507 heures :


Type d'heures

Calcul

Plafond

Enseignement (-50 ans)

Heures réelles

70h max

Enseignement (50 ans+)

Heures réelles

120h max


Ces heures assimilées peuvent faire la différence pour atteindre le seuil nécessaire ou pour votre renouvellement du statut.


Pour tout savoir sur le régime des intermittents du spectacle et obtenir des conseils personnalisés, Accédez au guide complet pour valider vos 507 heures d'activité.


Indemnisation et dispositifs spécifiques des annexes


Une fois vos droits acquis grâce aux 507 heures requises, le montant de vos allocations chômage et le nombre de jours indemnisables dépendent des règles propres aux annexes VIII et X. Ces calculs prennent en compte des franchises, des coefficients multiplicateurs et des plafonds de cumul salaire-allocation. Bien comprendre ces mécanismes vous permet d'anticiper vos revenus et d'organiser plus sereinement votre budget.


Calcul de l'allocation et franchises par annexe


Pour calculer votre indemnisation d'intermittent, voici comment procéder :


  • Convertir vos heures en jours : divisez votre nombre d'heures travaillées par 8 pour l'annexe VIII (techniciens), par 10 pour l'annexe X (artistes)

  • Appliquer le coefficient de votre annexe : 1,4 pour l'annexe VIII (techniciens), 1,3 pour l'annexe X (artistes)

  • Le résultat donne le nombre de jours non indemnisables car considérés par France Travail comme travaillés

  • Les jours restants seront couverts par l'allocation


Exemples concrets :


  • Technicien (annexe VIII) : 80 heures travaillées = 10 jours. Avec coefficient 1,4 : 14 jours non indemnisables. Sur un mois de 30 jours, cela laisse 16 jours indemnisés à 50€ par jour = 800€.

  • Artiste (annexe X) : 5 cachets (60 heures) = 6 jours. Avec coefficient 1,3 : 7,8 jours arrondis à 7 jours non indemnisables, soit 23 jours couverts à 50€ par jour = 1150€.


Points clés à retenir :


  • France Travail déduit d'abord le délai d'attente, puis les franchises de congés payés et enfin la franchise salaires

  • Attention au plafond de cumul (4 631,50€ brut) : si vous vous en rapprochez ou le dépassez, vos allocations seront réduites voire non versées.


Ces règles permettent d'équilibrer votre revenu entre périodes d'activités intenses et périodes plus calmes. Pensez à faire des simulations dès réception de vos bulletins pour ajuster votre gestion financière.


Clause de rattrapage : conditions et fonctionnement


Ce dispositif exceptionnel aide les intermittents qui, à leur date anniversaire, ont accumulé entre 338 et 506 heures sans atteindre les 507 heures requises. Il offre 6 mois d'indemnisation au même taux que précédemment, vous laissant le temps de compléter vos heures manquantes.


Conditions d'éligibilité :


  • Avoir au moins 5 ans d'ancienneté dans le régime sur les 10 dernières années

  • Disposer de 338 à 506 heures à la date anniversaire

  • Déposer sa demande dans les 30 jours suivant le refus de réadmission


Exemple : Un musicien termine ses droits le 15 mars 2026 avec 485 heures. Il active la clause, touche 55€/jour pendant maximum 6 mois, réalise 2 cachets supplémentaires pendant cette période et obtient finalement sa réadmission complète avec 509 heures.


Foire aux questions


Pourquoi exactement 507 heures pour devenir intermittent du spectacle ?

Le chiffre de 507 heures de travail n’a pas été choisi au hasard : les partenaires sociaux l’ont établi comme le seuil nécessaire pour accéder au régime spécifique des intermittents du spectacle. Cette durée correspond à environ trois mois et demi d’activité à temps plein.

Ces heures doivent être cumulées sur une période de référence de 12 mois avant la fin du dernier contrat. Le système diffère selon qu’on est artiste (avec un forfait de 12 heures par cachet) ou technicien (heures réelles), comme précisé dans le titre des annexes 8 et 10. Pour chaque renouvellement, le calcul se fait jusqu’à la date anniversaire.

Combien d'heures faut-il réellement pour être intermittent du spectacle ?

Que ce soit pour obtenir ou conserver son statut d'intermittent, la règle est claire : il faut justifier d’ au moins 507 heures requises dans les 12 mois précédant la fin du dernier contrat. Cette condition s’applique aussi bien pour la première demande que pour tous les renouvellements ultérieurs.

Si vous n’atteignez pas ce total sur 12 mois, France Travail peut étendre la recherche sur 15 ou 18 mois en remontant dans vos contrats. Bon à savoir : les heures d’enseignement (limitées à 70h, ou 120h après 50 ans) peuvent vous aider à atteindre le minimum 507 heures exigé par le régime.

Quel est le salaire moyen d'un intermittent du spectacle et le minimum de l'intermittence ?

Les revenus des artistes et techniciens intermittents sont très variables : un technicien expérimenté peut gagner entre 2 000€ et 3 500€ brut par mois d’activité, tandis qu’un artiste débutant navigue souvent entre périodes d’emploi (autour de 1 200€) et chômage. Les cachets et la fréquence des contrats jouent évidemment un rôle clé.

Lors des périodes sans travail, les allocations chômage varient généralement entre 43€ et 60€ par jour. L'assurance chômage garantit un montant minimum pour l'allocation journalière nette de 42,80 euros lorsqu'on a réussi à devenir intermittent du spectacle aux yeux de France Travail.


 
 
 

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