Réexamen des droits d'intermittent du spectacle à la date anniversaire
- Maître Fichou Alexandre

- 9 févr.
- 8 min de lecture
Le réexamen de vos droits est une étape cruciale pour maintenir vos allocations chômage au titre du régime intermittent du spectacle. Ce guide vous accompagne dans les démarches de renouvellement auprès de France Travail. Vous y apprendrez comment respecter les délais, préparer vos justificatifs et ainsi sécuriser votre indemnisation.
Quand demander le réexamen de vos droits intermittents ?
Il est essentiel de connaître la période exacte pour demander le réexamen de vos droits intermittents afin d'éviter toute interruption de vos allocations. Votre date anniversaire correspond à la date située un an jour pour jour après la fin du dernier contrat de travail pris en compte pour l’ouverture de vos droits au titre des annexes 8 ou 10. Elle ne correspond donc pas à la date de début du versement de l’allocation. Par exemple, si votre contrat ayant permis d'ouvrir vos droits s'est terminé le 15 août 2025, votre date anniversaire sera le 15 août 2026 même si vous n'étiez indemnisable par France Travail qu'à partir du 1er septembre 2025.
Comprendre la date anniversaire et son calcul précis
La date anniversaire est fixée au lendemain + 1 an de la fin du dernier contrat ayant permis l'ouverture de vos droits. Connaître cette date est indispensable pour savoir quand demander réexamen droits intermittents, car elle détermine l’ensemble de vos échéances à venir. Ainsi, un contrat se terminant le 20 septembre entraînera une date anniversaire au 20 septembre de l'année suivante.
En cas de contrat d'intermittence en cours le jour de votre date anniversaire : votre date anniversaire est reportée au dernier jour de ce contrat.
En effet, le réexamen de vos droits pour une réadmission ne peut avoir lieu tant qu'un contrat en intermittence est en cours. La date d'examen est donc mouvante pour les artistes et techniciens du spectacle.
Attention : France Travail (anciennement Pôle Emploi) active automatiquement le bouton « RÉEXAMINER MES DROITS » dans votre espace personnel 15 jours avant votre date anniversaire. Cependant, tant que vous n'avez procédé à votre actualisation du mois de votre date annviersaire et que vous n'avez pas tous vos justificatifs pour ce mois, il est préférable de ne pas appuyer sur ce bouton afin d'éviter de futures erreurs dans le traitement de votre demande d'allocations.
Report de date anniversaire en cas de contrat en cours
Si vous êtes en contrat le jour de votre date anniversaire, le réexamen est automatiquement reporté au lendemain de la fin de cet engagement. Ce report implique un recalcul de votre date anniversaire, qui sera alors basée sur la fin de ce nouveau contrat. Ainsi, un contrat chevauchant votre date anniversaire modifie l’ensemble du calendrier de vos droits.
Le danger de la date anniversaire
Bien que la mise en place d'une date anniversaire ait légèrement simplifié la complexité des démarches pour demander une ouverture des droits en intermittence, elle a aussi créée un risque que beaucoup d'intermittents ignorent.
En effet, la date anniversaire étant définie par la dernière fin de contrat ayant permis l'ouverture des droits pour un intermittent, ce dernier peut donc se retrouver à effectuer une recherche des 507 heures dans une période bien inférieure à celle des 12 mois.
Prenons un exemple afin de mettre en exergue ce danger : Un intermittent ayant une activité particulièrement saisonnière comme un intermittent faisant tous ses cachets lors des festivals peut se retrouver dans une configuration où il n'aura que 3 mois pour refaire ses 507 heures.
Cet intermittent, qui a des droits ouverts jusqu'au 31 décembre 2025, effectue en cette année 2025, tous cachets entre le 1er janvier 2025 et le 31 août 2025. Sa date anniversaire suivante ne sera pas le 31 décembre 2026 mais le 31 août 2026. Ainsi, il perd 4 mois d'indemnisation et c'est également 4 mois en moins pour réaliser ses 507 heures ! Ainsi, cet intermittent ne va rouvrir des droits que pour 8 mois et n'aura que 8 mois pour obtenir ses 507 heures.
Il est tout à fait possible d'envisager des exemples encore plus défavorables, et nous en avons vu passer beaucoup au cabinet ces derniers mois.
Un intermittent ouvrant des droits sur une fin de contrat au 31 mai 2025 et réalisant ses 43 cachets sur la période estival entre le 15 juin 2025 et le 31 août 2025. A sa date anniversaire, le 31 mai 2026, ses droits ne seront ouverts que pour 3 mois, à savoir jusqu'au 31 août 2026. La période de 12 mois en référence comme faisant partie des conditions d'ouverture des droits est ici un leurre.
Renouvellement des droits intermittent : conditions et documents
Pour obtenir le renouvellement de vos droits d'intermittent du spectacle, vous devez respecter des conditions précises et fournir l'ensemble des justificatifs requis. La continuité de votre indemnisation chômage dépend de votre capacité à prouver votre activité professionnelle sur les douze mois précédant votre date anniversaire.
Seuil des 507 heures et clause de rattrapage
L'exigence principale pour votre renouvellement des droits d'intermittent du spectacle est d'avoir cumulé au moins 507 heures de travail durant votre période de référence. Ces heures doivent impérativement concerner les secteurs d'activité couverts par les annexes 8 et 10.
Chaque heure déclarée doit être justifiée par des attestations employeur conformes aux exigences de France Travail. Une surveillance rigoureuse de votre nombre d'heures tout au long de l'année est essentielle pour garantir la pérennité de vos allocations.
Seuil classique des 507 heures requises : condition minimale indispensable pour l'ouverture de nouveaux droits.
Enseignement artistique plafonné : limité à 70 heures (ou 120 heures après 50 ans) si cette activité est en lien direct avec votre métier principal.
Périodes assimilées validées : certaines absences (maladie, accident du travail, maternité, formation) peuvent être comptabilisées comme heures de travail sur présentation des justificatifs appropriés.
Si votre cumul se situe entre 338 et 506 heures, la clause de rattrapage peut représenter une solution alternative. Ce dispositif vous permet de bénéficier d'une indemnisation provisoire si vous justifiez d'au moins cinq ans d'ancienneté dans le régime intermittent selon les critères de France Travail.
Cette clause constitue un filet de sécurité crucial pour éviter de se retrouver sans droits ou un transfert vers le régime général de l'assurance chômage, moins avantageux.
Documents obligatoires pour constituer votre dossier complet
L'acceptation de votre demande de renouvellement des droits repose entièrement sur la complétude du dossier que vous transmettez à France Travail. Vous devez impérativement fournir tous les justificatifs attestant de votre activité professionnelle au cours des douze derniers mois précédant votre date anniversaire.
L'omission d'un seul document peut entraîner un rejet de votre dossier ou retarder significativement son instruction. Une attention particulière est donc nécessaire pour ne pas compromettre votre renouvellement des droits d'intermittent du spectacle et le versement de vos allocations.
Attestations AEM ou GUSO : ces documents émis par les employeurs sont essentiels car ils certifient vos dates d'emploi, les heures travaillées, le salaire brut perçu et votre qualification professionnelle.
Bulletins de salaire : pour vos emplois au régime général, transmettez un bulletin de salaire mentionnant explicitement les heures de travail effectuées et le salaire brut perçu.
Justificatifs de formation : joignez l'attestations de fin de formation. Pour que l’assimilation soit possible, la formation doit relever impérativement des livres III & IV de la 6e partie du code du travail.
Attestation de paiement CPAM : pour un congé maternité, accident du travail, arrêt maladie.
Professorat : contrat de travail et bulletin de salaire. Attention : pour les techniciens, les heures de professorat sont assimilables si et seulement si le contrat est terminé à la date anniversaire.
Auto-entreprise : déclarations mensuelles ou timestrielles de chiffre d'affaires.
Maintien et sécurisation de vos droits intermittents
Assurer le maintien de vos droits d'intermittents du spectacle nécessite une stratégie de gestion rigoureuse de votre dossier ainsi qu'une parfaite maîtrise des alternatives procédurales. Des mécanismes comme l'examen anticipé, le droit d'option ou l'accompagnement par un avocat spécialisé représentent des outils précieux pour sécuriser votre indemnisation chômage face à la complexité administrative.
Procédure de réexamen anticipé et droit d'option
Dès que vous avez atteint les 507 heures requises, vous pouvez demander un réexamen anticipé pour recalculer vos droits avant votre date anniversaire. Cette démarche s'effectue directement depuis votre espace France Travail. Attention : cette action implique l'abandon définitif du reliquat de vos allocations ARE, ce qui peut représenter un risque financier si le nouveau calcul s'avère moins favorable.
Il est essentiel d'évaluer soigneusement les conséquences, car une mauvaise synchronisation pourrait conduire France Travail à vous basculer vers le régime général, moins protecteur. Pour éviter ces écueils et sécuriser votre parcours, il est souvent judicieux de solliciter l'avis d'un professionnel pour votre réexamen des droits intermittents.
Conditions minimum du réexamen anticipé : Avoir cumulé les 507 heures requises, rester inscrit comme demandeur d'emploi, justifier d'une fin de contrat en intermittence.
Procédure de droit d'option
Ce dispositif concerne les intermittents du spectacle qui perçoivent une allocation ARE du régime général.
Afin de basculer en intermittence, les droits à venir en intermittence doivent être supérieur d'au moins 30 % au reliquat de droits au régime général (ou que ce reliquat soit inférieur ou égal à 20 € par jour).
Démarche à effectuer pour la demande de droit d'option : Adressez une demande écrite à France Travail dès la fin du contrat sur lequel vous souhaitez ouvrir des droits en intermittence. Vous recevrez ensuite une proposition détaillée de votre droit d'option (comparatif entre vos droits actuels et vos droits éventuels en annexe VIII ou X) et disposerez de 21 jours pour l'accepter ou la refuser.
Une fois validée, l'option est irrévocable et vous ne pourrez plus prétendre aux anciennes allocations du régime général. France Travail confirme généralement la réception de votre demande par email, avec un délai de traitement moyen de 15 jours ouvrés. Si la demande est effectuée dans les délais, vos droits sont réactivés dès le lendemain de votre date anniversaire.
Rôle de l'avocat spécialisé dans le renouvellement
Faire appel à un avocat expert en droit des intermittents permet d'obtenir un audit complet de votre situation. Il identifie immédiatement les pièces manquantes ou les anomalies susceptibles de provoquer un rejet de votre dossier. Pour le renouvellement des droits intermittents, il se charge de déposer la demande pour vous, en veillant à ce que vos heures soient parfaitement justifiées au titre des annexes 8 et 10 afin notamment de maximiser votre taux journalier.
Diagnostic rapide : Analyse du dossier sous 48 heures, contrôle de chaque contrat (parties, numéros Audiens ou SIRET), chaque AEM, GUSO, bulletin de salaire, déclaration URSSAF, attestation de paiement CPAM, de formation, etc. et détection des documents manquants.
Gestion administrative : Récupération des pièces absentes, relance des employeurs pour les attestations en retard et suivi rigoureux du dépôt en ligne.
Défense et recours : Constitution d'un dossier solide en cas de contrôle, représentation lors des audiences ou recours contentieux, et contestation rapide en cas de refus.
Pour plus de sérénité, un abonnement juridique spécifique permet d'anticiper ces échéances en assurant le suivi de vos heures et la gestion de vos déclarations. Ce type de service est idéal pour préparer sereinement votre réexamen des droits intermittents et éviter les erreurs coûteuses.
Foire aux questions
Combien d'heures de travail dois-je justifier pour maintenir mes droits ?
Pour préserver votre statut, vous devez justifier d’au minimum 507 heures de travail au cours des douze derniers mois pour une première demande ou pour demander le renouvellement de vos droits, depuis votre dernière fin de contrat ayant permis l'ouverture de vos droits actuels. Ces activités doivent répondre aux critères définis dans les annexes 8 et 10 et être attestées par vos justificatifs employeurs.
Si votre total se situe entre 338 et 506 heures, la clause de rattrapage peut vous protéger. Ce mécanisme vous permet d'éviter l'arrêt de vos allocations chômage si vous justifiez d’au moins cinq ans d’indmenisation par France Travail.



