Conditions d'éligibilité : techniciens du spectacle et annexe 8
- Maître Fichou Alexandre

- 19 janv.
- 7 min de lecture
En tant que technicien dans le spectacle vivant, le cinéma ou l'audiovisuel, vous vous interrogez peut-être sur votre éligibilité au régime intermittent. La fameuse annexe 8 du régime d'assurance chômage définit précisément la liste des emplois éligibles à l'assurance chômage en annexe VIII et établit le fameux seuil des 507 heures. Nous vous expliquons ici comment vérifier si vous remplissez les conditions.
Qu'est-ce qu'un métier annexe 8 technicien du spectacle
L'annexe 8 régit spécifiquement l'indemnisation chômage des ouvriers et techniciens du spectacle vivant, du cinéma et de l'audiovisuel. Intégrée au code du travail, elle se différencie de l'annexe 10 (réservée aux artistes) tout en poursuivant le même but : assurer une solide protection sociale et une juste indemnisation. Bien comprendre ce dispositif permet de savoir si votre activité vous donne effectivement accès aux droits de l'intermittence auprès de France Travail.
Cadre juridique et conventions collectives applicables
L'application de l'annexe 8 est strictement réservée aux ouvriers et techniciens exerçant sous certaines conventions collectives sectorielles. Parmi les principales IDCC concernées, citons la 2642 (production audiovisuelle), la 3097 (production cinématographique) ou les 1285 et 3090 (spectacle vivant privé et spectacle vivant subventionné). Seuls les contrats conclus dans ce cadre permettent d'accéder au régime spécial d'intermittence prévu par le décret annexe 8.
Code NAF exigé : l'entreprise doit impérativement disposer d'un code NAF lié aux activités culturelles (comme 60.20A ou 60.20B pour la télédiffusion).
Licence professionnelle : la détention d'une licence d'entrepreneur de spectacles valide est souvent obligatoire.
Ces conditions garantissent que seuls les véritables acteurs du secteur du spectacle vivant et de la production peuvent recruter en intermittence. Tout contrat signé en dehors de ce cadre, même pour un métier listé en annexe 8, ne génère aucun droit à l'indemnisation en annexe 8 et le contrat sera requalifié par France Travail comme relevant du régime général.
Liste complète des métiers techniques éligibles
Seules les professions explicitement mentionnées dans le titre XIV de l'annexe VIII du règlement général de l'assurance chômage. permettent d'accumuler des heures pour l'intermittence. Un poste technique absent des listes, même essentiel à la production, ne donne droit à aucune indemnisation spécifique.
Au Cabinet Fichou, nous constatons trop souvent que des techniciens méconnaissent cette liste officielle. Vérifiez systématiquement votre catégorie professionnelle avant de signer un nouveau contrat de travail afin de sécuriser vos droits.
Cette variété reflète la pluralité des compétences requises dans le cinéma, le spectacle vivant,etc. Chaque métier reconnu par les conventions collectives et le code du travail voit ses heures correctement comptabilisées pour l'indemnisation.
Obligations de l'employeur pour embaucher en annexe 8
L'entreprise doit impérativement déclarer chaque contrat de travail via la DSN en précisant le code ROME exact. Sans cette mention, France Travail (anciennement Pôle Emploi) ne prend pas en compte vos heures travaillées, ce qui compromet vos droits à l'intermittence.
En fin de mission, votre employeur doit vous remettre une attestation d'intermittence (AEM) détaillant salaire, dates et volume horaire. Ce document est indispensable pour faire valoir vos droits auprès de France Travail, tout aussi indispensable que la fiche de paie pour vos droits à la Sécurité Sociale.
Le Cabinet Fichou intervient fréquemment pour régulariser des attestations incomplètes ou erronées. Une AEM mal complétée peut retarder votre indemnisation voire conduire à une ouverture de droits au régime général et non en intermittence. Vérifiez scrupuleusement ces docuements et demandez immédiatement une correction si nécessaire.
Conditions d'accès au statut d'intermittent pour les techniciens
Pour bénéficier du statut d'intermittent du spectacle, vous devez respecter plusieurs critères d'affiliation définis par l'annexe 8. Ces conditions, imposées par le régime d'assurance chômage, assurent que vous exercez une activité suffisamment régulière dans les secteurs affiliés aux annexes 8 et 10. Bien connaître ces règles vous évitera des mauvaises surprises lors de votre demande d'indemnisation.
Seuil des 507 heures et périodes de référence
Pour prétendre aux allocations, vous devez justifier d'au moins 507 heures travaillées dans les 12 mois précédant la fin de votre dernier contrat de travail. Cette période de référence évolue en permanence et suppose un engagement professionnel continu auprès d'un ou de plusieurs employeurs.
Votre contrat doit prendre fin à l'initiative de l'employeur (comme la fin d'un CDD ou un licenciement économique) ou pour un motif légitime. Attention : une démission sans raison valable vous privera de l'accès aux allocations chômage. Pensez aussi à vous inscrire rapidement comme demandeur d'emploi auprès de Pôle emploi (devenu France Travail) pour activer votre affiliation.
Heures prises en compte dans le calcul
Savoir pourquoi 507 heures en intermittence sont requises implique de connaître toutes les activités comptabilisables et selon quelle durée d'affiliation. Si les heures effectivement prestées comptent, d'autres situations permettent aussi d'atteindre ce seuil. Maîtriser ces détails vous aidera à mieux gérer votre carrière et à sécuriser votre couverture par le régime d'assurance chômage.
Formation professionnelle : prise en compte jusqu'à 338 heures maximum, après validation par France Travail.
Absences liées à la maternité ou à un accident du travail : comptabilisées à hauteur de 5 heures par jour.
Heures d'enseignement : limitées à 70 heures (120 heures après 50 ans) dans les établissements reconnus si l'enseignement est en rapport avec votre emploi de technicien du spectacle et si le contrat est terminé au moment de votre demande d'allocations (différence importante avec l'annexe 10).
Type de période | Heures comptabilisées | Plafond applicable |
Travail effectif | Toutes les heures | 208 heures par mois |
Formation professionnelle | Heures réelles | 338 heures maximum |
Enseignement | Heures réelles | 70 ou 120 heures |
Accident du travail/maternité | 5 heures/jour | Variable selon la durée |
Ouverture et rechargement des droits aux allocations
Pour bénéficier de l'indemnisation, il ne suffit pas d'avoir cumulé 507 heures de travail. Plusieurs démarches administratives sont nécessaires pour activer vos droits. Comprendre ces règles spécifiques vous aide à mieux gérer les délais et éviter les périodes sans revenus.
Clause de rattrapage et délais d'indemnisation
Si vous ne parvenez pas à atteindre le palier d'heures en intermittence du spectacle, la clause de rattrapage vous permet de toucher des allocations pendant une période d'indemnisation de six mois. Ce calcul se base sur votre précédente période d'affiliation, à condition d'avoir déjà perçu des indemnités de France Travail.
Réadmission et situations particulières d'affiliation
Pour ouvrir de nouveaux droits, vous devez à nouveau totaliser 507 heures sur les 12 derniers mois précédent votre dernière fin de contrat de travail. Les professionnels du spectacle doivent suivre attentivement ce compteur pour ne pas perdre leurs droits au régime d'assurance chômage.
Certaines absences (comme un congé parental ou une maladie longue durée) permettent d'élargir la période de référence au-delà d'un an. Ces exceptions reconnaissent que des événements personnels peuvent éloigner temporairement un intermittent du spectacle de son activité.
Démission légitime et récupération des droits
Normalement, quitter un contrat à durée déterminée ou un CDI de son plein gré supprime le droit aux allocations. Cependant, certaines raisons valables permettent de conserver ce droit :
Déménagement pour suivre son conjoint muté professionnellement
Violences conjugales imposant un changement de résidence
Non versement du salaire par l'employeur malgré une décision de justice
Attention : les motifs légitimes de démission sont interprétés strictement et sont limitativement énumérés (il y en a 17 au total).
Après une démission non justifiée, vous pouvez retrouver des droits en travaillant au moins 455 heures pour des emplois relevant des annexes 8 et 10 de l'assurance chômage.
Calcul des allocations chômage pour techniciens annexe 8
Le montant des allocations chômage se calcule sur la base du salaire de référence perçu pendant les 12 mois d'affiliation. Ce système prend en compte plusieurs critères pour offrir un revenu minimum décent tout en tenant compte des périodes de travail effectuées. Cela permet au technicien du spectacle de mieux gérer ses finances durant les périodes sans activité.
Salaire de référence et composantes de l'allocation
Le salaire de référence inclut toutes les rémunérations ayant donné lieu à des cotisations de sécurité sociale. D'après la grille salariale annexe 8, l'indemnisation se compose de trois parts :
La part A basée sur les salaires
La part B calculée sur les heures travaillées
La part C basée sur un montant d'allocation journalière minimale
Ainsi, même avec des périodes peu rémunérées, l'allocation quotidienne minimum s'élève à 38 euros.
Plafonds et cumul allocation-revenus en reprise
Lors d'une reprise d'activité, le technicien du spectacle salarié peut cumuler son allocation chômage avec son salaire technicien du spectacle.
Les règles spécifiques imposent un plafond de salaire mensuel d'environ 4 600 euros en 2026.
Démarches et obligations pour bénéficier de l'annexe 8
Pour accéder au régime d'intermittence sous l'annexe 8, l'employeur et le salarié technicien doivent suivre scrupuleusement toutes les démarches administratives. La moindre erreur pourrait retarder ou même compromettre l'indemnisation, ce qui affecterait directement la stabilité financière du professionnel du spectacle.
Responsabilités de l'employeur et documents obligatoires
L'employeur doit d'abord vérifier que le métier figure bien dans la liste des métiers intermittents du spectacle annexe 8, condition sine qua non pour établir un contrat de travail conforme aux règles spécifiques de l'intermittence. Il doit ensuite fournir plusieurs documents clés lié à ce contrat d'intermittence du spectacle :
La DSN : Elle doit impérativement mentionner le code APE/NAF, le code ROME exact
L'AEM : Ce document capital récapitule les heures travaillées, le salaire brut et la période du contrat de travail
Attention : certains employeurs tardent à fournir ces documents. Le Code du travail prévoit des sanctions contre ces manquements. En cas de retard, envoyez systématiquement une mise en demeure par lettre recommandée si vos demandes informelles n'ont pas abouti.
Cas particuliers et exclusions du dispositif
Le régime d'intermittence ne s'applique pas à tous. Par exemple, un salarié ayant atteint l'âge de la retraite est généralement exclu, sauf exceptions prévues par la loi. L'annexe 8 concerne spécifiquement les professionnels en activité dans le spectacle vivant ou la production audiovisuelle.
Accompagnement juridique pour techniciens du spectacle
Les règles spécifiques de l'intermittence étant complexes, un suivi juridique personnalisé est souvent nécessaire. Nous proposons un accompagnement complet pour :
Vérifier la conformité de vos attestations employeur
Contester les erreurs de calcul des heures travaillées
Suivre l'exactitude des paiements France Travail
Anticiper les risques de rupture de droits
Etc.
Nous intervenons rapidement pour sécuriser vos droits à l'indemnisation dans les secteurs du spectacle vivant, du cinéma, de l'audiovisuel, en application stricte du Code du travail et des dispositions de l'annexe 8 de l'assurance chômage.
Foire aux questions
Comment savoir si je suis annexe 8 ou 10 ?
Pour déterminer si vous relevez de l'annexe 8 ou de l'annexe 10, il faut regarder la nature de votre activité. L'annexe 8 concerne spécifiquement les ouvriers et techniciens du spectacle effectuant des missions techniques comme l'éclairage, le son, le montage, etc. À l'inverse, l'annexe 10 s'applique aux artistes et seuls les artistes peuvent être rémunérés en cachets. En tant que salarié, votre AEM précise toujours l'annexe qui vous est attribuée, ce qui conditionne votre affiliation au régime d'intermittence.
Quels sont les métiers possibles pour un intermittent du spectacle ?
En tant qu'intermittent du spectacle relevant de l'annexe VIII, vous pouvez exercer différents emplois d'ouvriers et techniciens comme régisseur, accessoiriste, chef machiniste, etc. Ces professions, listées dans la nouvelle liste limitative de l'annexe 8, vous permettent de cumuler des heures de travail pour bénéficier ensuite du chômage. La convention collective du spectacle définit précisément chaque métier éligible, que ce soit dans le spectacle vivant, le cinéma ou l'audiovisuel.



